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La Tribune du Médicament

Dépassionner le sujet…

Nous ouvrons ici une rubrique consacrée au médicament. Non pas une tribune de plus qui servirait de faire-valoir à une activité devenue aphone depuis les frasques médico-économiques du laboratoire Servier mais plutôt un voyage curieux au cœur d’un univers mal connu, une investigation dépassionnée dans les coulisses d'un monde qui mérite sûrement d'être entendu.

D’ores et déjà, plusieurs sujets nous intéressent.

Sur la question de la transparence d’abord. La loi Bertrand relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé renforce la rigueur en matière de gestion des liens d’intérêt. Y-a-t-il un risque d’appauvrissement de l’expertise ? Quelles seront les conséquences in fine sur la sécurité des produits ?

La deuxième question concerne les règles de gestion interne. Connaît-on réellement les contraintes qui pèsent sur les industriels, depuis plusieurs mois littéralement assommés par les conséquences de l’affaire Servier ? Et les frasques de l’un ont retenti sur l’image de tous les autres. Or, connaît-on les modalités du contrôle interne dans les entreprises du médicament ? L’industrie a-t-elle sa propre police ?

Un autre sujet nous semble aussi devoir être traité ici : celui des conséquences de la politique des prix sur la recherche. On nous expose ici ou là que la RD est en danger en France en raison d’une politique des prix trop rigoureuse ? Qui dit vrai ?

Dernière question enfin que nous souhaiterions aborder ici la maîtrise des dépenses. L’assurance maladie s’enorgueillit de peser sur les courbes de remboursement de certaines classes thérapeutiques. A-t-on réellement mesuré l’impact en termes de santé publique ? Cette tribune sera donc ouverte à tous ceux qui souhaitent exprimer leur point de vue sur un sujet qui mérite – soyons en certains –d’être dépassionné.

 

 
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APPROXIMATIONS ET IDÉES REÇUES
LA NOUVELLE NOTE DE BENCHMARKING DE L'INSTITUT THOMAS MORE

L’Institut Thomas More qui se définit comme un Think Tank européen, publie sa nouvelle note de benchmarking, consacrée à une analyse comparative approfondie de la dépense publique en France et en Allemagne.
Sur le chapitre médicament du rapport, lisible sur le site de l’ITM, un certain nombre d’erreurs nous ont sauté aux yeux.

Sur les dépenses de médicaments d’abord : les chiffres du tableau font effectivement apparaître une dépense par habitant supérieure en France à ce qu'elle est en Allemagne, en 2009. La situation a évolué, puisque, selon les données IMS, les ventes par habitant (certes exprimées en pfht) sont désormais plus élevées en Allemagne (473€/hab vs 461€/hab). A noter que, pour l'OCDE (citée en référence en quelques occasions par le document), les dépenses par habitant (prix publics, donc) exprimées en $/hab ''à parité de pouvoir d'achat'' (qui consiste pour l’OCDE à corriger les données brutes des différences de pouvoir d'achat des monnaies, ce qui ne joue pas réellement entre l’Allemagne et la France) sont équivalentes dans les deux pays en 2009 (A = 627 €/hab, F = 626 €/hab)

Par ailleurs, il y a belle lurette que la France n'est plus championne du monde de la consommation d'antidépresseurs: certes la consommation est supérieure en France à ce qu'elle est en Allemagne, mais elle est inférieure à celle de nombreux pays (Belgique, Espagne, Royaume-Uni,...) et à la moyenne des pays de l'OCDE (c'est écrit noir sur blanc, p101 du document de l'OCDE pourtant cité).

Quant aux génériques, il y a de quoi s’interroger. Le Rapport des Comptes Nationaux de la Santé 2010, publié par la DREES en 2011, sur la base des données IMS pour plusieurs pays, fait ressortir (p339, §3.4, comparaisons internationales) une pénétration des génériques de 33% en France vs 47% en Allemagne (en unités), en 2009. Pourtant, les génériques des seules molécules inscrites au répertoire pèsent 24% des ventes totales de médicaments. Il faut croire que les génériques de molécules non inscrites au répertoire, par exemple le paracétamol, pèsent un poids non négligeable.

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PIQÛRE DE RAPPEL : LE LIR AU CHEVET DE LA RECHERCHE FRANÇAISE

Comme le titre Le Point de cette semaine, « la haine des riches », qui s’explique pour partie par l’étalage cynique de gains mirobolants, peut avoir des effets pervers sur l’économie. Dans l’industrie pharmaceutique, conjuguée à l’affaire Servier, cette défiance vis-à-vis des labos conduit aux pires foutaises. Les plus extrêmes ne vont-ils pas jusqu’à réclamer la nationalisation du secteur.
Après les propositions du G5 français (bioMérieux, Ipsen, le LFB, Pierre Fabre, Sanofi) en 10 points clés, voici les cogitations du think tank piloté par le LIR, regroupant les 16 filiales françaises des grands labos internationaux qui affirment, chiffres à l’appui, investir 700 millions d’euros dans la recherche tous les ans, c'est-à-dire autant que le budget accordé par l’Etat à l’Inserm.
Le document produit par le LIR est une vibrante invitation à la confiance et au dialogue et, surtout, à la prise de conscience que l’industrie pharmaceutique française est un atout économique essentiel… qui peut ne pas être durable.

Le 4 pages du plaidoyer du LIR sur son site ici.

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LES INDUSTRIES DE SANTÉ AU CRÉNEAU DES PRÉSIDENTIELLES
LE G5 PUBLIE 10 PROPOSITIONS CONCRÈTES DANS SON LIVRE BLANC

 

La platitude des propositions de réforme de la santé des candidats à la présidentielle aura eu un effet stimulant sur les acteurs de santé. La production de propositions, réflexions, think tank et autres livres blancs n’a jamais été aussi féconde. Après les propositions de la FHH sur la médecine de proximité, celles de la FHP, des Echos, voici celles du G5 (bioMérieux, Ipsen, le LFB, Pierre Fabre, Sanofi) en 10 points clés… qui ne sont pas dénués de bon sens.

Le livre blanc du G5 intitulé « les industries de santé : un secteur stratégique au service de la santé des Français et de l’économie nationale » est accessible intégralement ici.

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LES REVENUS DU SECTEUR DE LA SANTE  : +6,2% (contre -3,1% en 2009)
JACKPOT POUR LES PHARMACIES D'OFFICINE

 

La fédération des centres de gestion agréés (FNCGA) regroupant plus de 400 000 entreprises adhérentes, publie la 17ème édition du recueil « Chiffres et Commentaires » qui passe au crible les revenus des artisans, des commerçants et des professions libérales en 2010. Une enquête inédite qui analyse l’évolution de 11 secteurs d’activité représentant 77 professions.

Les ambulanciers qui sont comptés dans le secteur « transports » progressent de 3,4% en 2010 et les métiers de la santé s’en sortent plutôt bien, en particulier, les pharmacies d’officine qui tiennent la première place des 77 professions regardées à la loupe.

Voir le résumé des résultats sur le site de la FNCGA.

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