Le prix d'une vie
Signalé dans le Quotidien du Médecin du 2 février 2012, l’avis donné par le Comité Ethique et Cancer coprésidé par le généticien Alex Kahn et le président de la Ligue contre le Cancer, arrive opportunément à un moment où les pouvoirs publics cherchent à rationaliser les nouvelles molécules très onéreuses mises sur le marché, notamment dans la prise en charge du cancer.
Ces molécules très chères, généralement issues des biotechnologies, sont encadrées par un taux directeur purement comptable faute de bénéficier de recommandations de bon usage suffisamment strictes. L’avis du Comité Éthique et Cancer arrive à point nommé. Car, faute de référentiels, les méthodes, déjà éprouvées, utilisées par leurs homologues britanniques, pourraient bien inspirer les pouvoirs publics français. Les Anglais ne s’embarrassent pas en effet de considérations qualitatives. La barre des 50 000 euros est le prix attribué à une année de vie. Toute thérapie qui dépasse ce plafond, sous réserve de diverses pondérations, est vouée à son exclusion du panier de soins.
Abrité par La Ligue contre le cancer, le Comité Ethique et Cancer pourrait être taxé de partialité, même si ses 34 experts sont au-dessus de tout soupçon. Ce serait oublier que le Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE), officiel celui-là pour le coup, avait rendu un avis général en 2007 qui semblait écarter toute approche purement économique et comptable de la dépense de soins.
Nous reproduisons ci-après l’avis de septembre 2011 du Comité Éthique et Cancer.
Rémy Fromentin





