Revue de presse
Au moment où les pharmaciens d’officine viennent de signer une convention avec la CNAMTS, une enquête de la revue UFC-Que-Choisir ? sur les anomalies constatées dans les pharmacies d’officine fait grincer la profession (voir Le Figaro du 29 mars 2010). L’argumentaire utilisé par la revue des consommateurs fait sortir de ses gonds notre confrère Olivier Mariotte dans son décapant billet L’œil de Nile.
Révélé par Le Canard Enchaîné de la semaine dernière (n° 4768) sous le titre bombe à retardement dans les comptes de la sécu, la récupération des franchises médicales introduites par la Loi d’août 2004 sur les médicaments et les actes médicaux n’a pas été réalisée pour une partie des assurés sociaux. Pour des raisons techniques (car en effet un logiciel qui répond au doux nom de gerecre pour « gestion de recouvrement des créances » n’était pas opérationnel jusqu’à maintenant) les assurés bénéficiant du tiers payant et les patients en ALD ont échappé à la dîme mais devront payer le moment venu, même si Christian Saout, le chef du CISS, n’y croit pas (voir site France Info).
Et la presse marche d’amble avec les conclusions du Canard : le moment est mal choisi pour que la CNAMTS fasse du zèle auprès d’une population généralement peu solvable. La maison fera crédit jusqu’au mois de juin.
Il y aura au moins un avantage à ce que la CNAMTS réclame sa créance : c’est de relancer la réflexion sur le fameux « reste à charge » et sur le bouclier sanitaire… étrangement absent de la campagne électorale.
Décidément, l’Allemagne a tout pour attirer le regard concupiscent de nos élites françaises. L’assurance
maladie d’Outre-Rhin après un léger déficit en 2010 vient d’annoncer un excédent de près de 20 milliards d’euros, dont l’utilisation ferait d’ailleurs débat (le Figaro du 12 mars).
Après une fascination pour le modèle anglais, nos responsables français pourraient bien prodiguer leurs
préférences pour le vieux Bismarck. En tout cas Nicolas Sarkozy assume son apostasie envers les anglo-saxons depuis longtemps.(cf Jeune Afrique du 27 février)
Le débat sur les dépassements d’honoraires (voir notre Lettre 204) paraît en contradiction avec les propositions d’une jeune économiste Julia Cagé, enseignante à l’université de Harvard et à l’école d’économie de Paris mais aussi membre de la fondation Jean Jaurès. Partisane d’une division mondiale du travail (voir L’Expansion du mois de mars) la jeune spécialiste prône l’abandon de l’industrie française au profit d’une médecine haut de gamme portée par… les hôpitaux (voir la Tribune du 5 mars)
Alors, il faut dire à Frédéric Van Roekeghem de ne pas arroser à la kalachnikov tous les médecins en dépassement (voir le Quotidien du Médecin du 27 février) car après avoir trié le bon, grain de l’ivraie, il y a probablement dans le lot les futurs ambassadeurs de l’excellence française.
Le livre de Jean-Paul Gaudillère « la médecine et les sciences » (La Découveete 2006) a servi d’inspiration à l’article du hors série de « ça m’intéresse » de février-mars 2012. À côté de la photo d’un sandwich moisi on y voit la courbe vertigineuse d’augmentation de l’espérance de vie à partir de 1900, époque de la découverte de la microbiologie et des vaccins.
Pourtant beaucoup d’études montrent que les soins médicaux, pour spectaculaires qu’ils fussent, ne sont intervenus que pour une faible partie dans les progrès constatés.
La publication intégrale par le journal Le Point du rapport du député Nicolas Perruchot sur le financement des syndicats et du patronat fait grand bruit dans la presse. Reporté sine die par une commission parlementaire peu encline à remuer des chiffres qui n’ont pas de sens si on les agite sans explication, le rapport n’est en principe pas publiable.
En fait, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Car sa lecture, quelque peu ardue, n’apprend rien de ce que l’on savait déjà. On y reproche seulement une excessive centralisation des fonds par les confédérations au détriment des syndicats de base.
Reprochable ? Peut-être… et encore ! Car l’abandon du pacte social par un Etat qui n’a plus de contrepouvoir que l’opposition parlementaire et quelques représentants d’usagers autoproclamés n’est pas du fait des partenaires sociaux.
L’intervention de Nicolas Sarkozy à la télévision, pariant sur le modèle allemand (Le Monde du 31 janvier. Voir aussi France 24) a provoqué un déferlement d’hostilité qui lui vaut une perte de 2 points dans les sondages. Même les troupes de sa majorité n’étaient pas convaincues (voir Les Echos du 31 janvier ) bien que leur président (pas encore sortant) ait affirmé qu’il était « le suicidaire le plus en forme de France ».
Pourtant les mesures proposées n’ont rien de spectaculaires : le transfert des cotisations des « allocs » sur une autre assiette que les salaires payés par les entreprises se justifie depuis des lustres mais personne finalement n’en fait plus cas car n’apparaît à l’opinion que sa conséquence supposée (l’augmentation des prix).
Rien de spectaculaire donc par rapport à ce que propose le gouvernement britannique pour la gestion des services publics (Les Echos du 2 février) : transférer à des mutuelles, dans lesquelles les fonctionnaires seraient actionnaires, les missions qui relèvent de l’Etat est une idée qui eût fait grand bruit de ce côté-ci de la Manche.
Malgré la fascination historique qu’exerce le Royaume Uni sur nos élites, c’est l’Allemagne qui avait les yeux doux du président.
Le gouvernement anglais n’y est pas opposé pour la gestion des retraites des agents publics (voir le site de Campaign4Change).
Il est question d’appliquer le principe aux hôpitaux du NHS. L’hôpital de Cambridge serait partant malgré l’opposition du parti travailliste.
Les Echos du 11/12 mars publient les résultats d’un sondage réalisé par IPSOS pour Altédia, cabinet de conseil créé il y a quelques années par Raymond Soubie, célèbre conseiller de l’Elysée sur la réforme des retraites.
On retiendra que les salariés, sur fond de démotivation et de morosité, souhaitent à 93% que la rémunération des dirigeants soit plafonnée, même si une petite moitié d’entre eux n’estiment pas cette proposition réaliste.
Le ministre du travail, de l’emploi et de la santé, répondant aux questions des Echos des 25 et 26 février, confirme le respect de l’objectif des dépenses d’assurance maladie fixé par le parlement sous la barre des 3%. Objectif, on s’en souvient, imposé par le président de la République lui-même, en dépit de la contestation. On note cependant – et le ministre ne manque pas de le rappeler – que les hôpitaux publics dépassent de 400 millions d’euros leur objectif. (Lire la suite…)
Nous ouvrons aujourd’hui le blog du Groupe-Galilée censé donner à nos lecteurs quelques coups de projecteurs sur l’actualité. La « Lunette de Galilée » mettra donc la focale, entre deux Lettres de Galilée, sur quelques infos qui nous paraissent intéressantes. (Lire la suite…)